RENOVATION ENERGETIQUE

PROJET EEEF

european energy efficiency fund

administration des ressources immobilière

Universite de liege

chef de projet

marique anne-françoise

prégardien michel

collaborateurs

bastin lisette

brogneaux thibaut

laruelle sébastien

Nguyen luan

ingénieurs

cornet maximilien (stabilité)

dung truong (hvac)

Contexte

 

Soutenu par un fond européen d’investissement EEEF, L’université de Liège et le CHU ont investi 30.000.000 € dans la rénovation de leur patrimoine immobilier singulièrement construit entre la fin des années 60 et le début des années 80. Depuis quelques années, une attention accrue[1] est portée à ces édifices du XXe siècle issus de la grande période de la modernité architecturale (1920 – 1980). Ces édifices nombreux représentent plus ou moins 60% du patrimoine bâti en Belgique et sont pour nombre d’entre eux d’une qualité architecturale et technique souvent exemplaire. Ces bâtiments ont souvent été l’objet d’une grande inventivité spatiale et esthétique, mais encore plus certainement d’une inventivité technique et constructive. L’acier, le béton, la préfabrication… ont été testé, exploité… non pas uniquement comme réponse technique, mais également comme un acte esthétique donnant au bâtiment son image.

 

Or, pour la plupart, ces édifices sont âgés de 50, 60 ans – c’est le cas notamment des bâtiments du Sart Tilman qui nous occupent - et sont à une période critique de leur vie : 50 ans étant pour un bâtiment le moment des grandes rénovations ou des grandes démolitions, car il faut constater que ces édifices se portent régulièrement très mal pour diverses raisons :

 

  • ils ont souffert d’un manque d’investissement chronique et d’une absence de maintenance en raison des restrictions budgétaires (crise du pétrole des années 70),

  • les techniques spécifiques mises en œuvre n’ont pas toujours résisté au temps. Le béton armé apparent extérieur est emblématique de ce problème : l’épaufrure liée à la carbonatation des bétons est endémique dans de nombreux édifices ;

  • l’absence ou la faible prise en compte des aspects énergétiques rendent ces bâtiments obsolètes d’un point de vue énergétique : la prise en compte de l’isolation est réelle dans ces bâtiments, mais insuffisante au regard des normes actuelles, des exigences de confort attendues par les usagers ;

  • à cela s’ajoute des considérations psychologiques : souvent mal aimé du grand public, ces édifices n’ont rencontré et ne rencontrent encore que peu d’intérêt des autorités publiques.

 

Ces bâtiments non reconnus par les instances patrimoniales requièrent donc de lourdes rénovations auxquelles viennent s’additionner la rénovation  énergétique, poussant dans la plupart des cas à l’adoption de deux attitudes :

  • démolition : le coût de rénovation étant élevé, de nombreux investisseurs prennent la voie d’une démolition/reconstruction en vue de recréer un bâtiment neuf énergétiquement exemplaires. Cette opération séduisante pose deux problèmes : elle fait disparaître des bâtiments de qualité et elle oublie de présenter dans le bilan énergétique la part liée à la démolition d’un bâtiment existant ;

  • rénovation lourde : cette opération répond à la problématique du bilan énergétique de la première attitude en privilégiant la réutilisation des structures bâties, mais elle le fait sans égard pour la qualité architecturale initiale. La rénovation énergétique étant le critère dominant de l’intervention. Par leur forme, leur caractère répétitif,  leur matière (grand pan vitré)… ces bâtiments présentent d’eux-mêmes des facilités à la rénovation énergétique (remplacement de châssis, isolation par l’extérieur…).

 

Les trois réalisations présentées ici ont pour objectif de montrer qu’au-delà de ces deux attitudes univoques il est possible d’adopter un regard critique, sans dogmatisme qu’il soit énergétique ou patrimoniale permettant de concilier la nécessaire rénovation de ces édifices, en ce y compris la rénovation énergétique, tout en respectant les valeurs historiques, culturelles et sociales de ces édifices. Ils montrent également qu’une institution telle que l’Université de Liège s’inscrit de façon circonstanciée dans un processus de développement durable réfléchi et global, qu’elle est capable également de développer au sein de la sphère publique des projets innovants.

Adopter un regard critique, sans dogmatisme qu’il soit énergétique ou patrimoniale permettant de concilier la nécessaire rénovation de ces édifices, en ce y compris la rénovation énergétique, tout en respectant les valeurs historiques, culturelles et sociales de ces édifices.

 

Intentions/philosophie d’intervention

 

Les projets présentés concernent la rénovation des bâtiments :

 

  • Institut Botanique B22 - R. BASTIN - 1968                          

  • Physique Licences et recherche B5a/b - P. HUMBLET - 1968

  • Chimie Travaux pratiques B6d - P. HUMBLET - 1967

 

Ces trois projets sont de près ou de loin associés au courant brutaliste belge auquel on associera des architectes tel que Juliaan Lampens, Léon Stynen, René Jacquemain… L’attention de ces architectes, et plus particulièrement au Sart Tilman, est focalisée par une forte présence du fait constructif  dont la structure et la texture caractérisent l’œuvre. Le béton brut s’est ainsi associé à la géométrie puissante des volumes édifiés formant sur le site du Sart Tilman un lieu où s’associent l’homme, et sa culture, à la nature, selon les vœux du recteur-fondateur Marcel Dubuisson.

 

Béton brut de décoffrage, panneau de béton lavé, panneau de béton gratté, incrustation de pierre dans le béton… l’univers construit du Sart Tilman déploie des trésors d’inventivité texturique dont la brutalité et les défauts intrinsèques à leur mise en œuvre de l’époque  s’attaquent littéralement à la pureté et la régularité géométrique des volumes. Cette force est également le principal défaut du Sart Tilman : la mise en œuvre parfois aléatoire  des ces bétons a rapidement engendré des défauts structurels dans les bétons compensés au fil des ans tant bien que mal par des réparations succinctes, des mises en peinture… qui ont dénaturés, parfois, durablement ces œuvres.

 

La question de leur rénovation énergétique, associée à cette problématique et à la contrainte majeure que constitue l’obligation de permettre le bon fonctionnement des bâtiments durant les travaux qui s’y déroulent a porté le choix d’intervention sur l’extérieur, au risque de perdre les qualités initiales des bâtiments.

 

Plutôt que de viser à pasticher les bâtiments en leur plaquant des panneaux de béton minces préfabriqués par des sociétés spécialisées, il a été décidé de prendre l’exact contrepied en redéfinissant de nouvelles textures dont la maitrise esthétique finale possède une part d’aléatoire. L’objectif étant de réintroduire de façon nouvelle une brutalité matérielle qui laisse la part belle à la matière, tant dans ses qualités que ses défauts. Rendre de l’humanité à la matière, c’est ce travail qui est présenté ci-dessous.

 

[1] A titre d’exemples, les guides d’architecture moderne et contemporaine édités par la Communauté Française font office de référence en matière de promotion de cette architecture.

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