Copyright photos : S. Defourny

RENOVATION ENERGETIQUE PATRIMOINE MODERNE

INSTITUT BOTANIQUE

ULG

administration des ressources immobilière

Universite de liege

chef de projet

marique anne-françoise

prégardien michel (gestion projet)

collaborateurs

bastin lisette

brogneaux thibaut

laruelle sébastien

Nguyen luan

ingénieurs

cornet maximilien (stabilité)

dung truong (hvac)

 06   /   2019

Projet réalisé au sein de l'Administration des Ressources immobilières de l'Université de Liège dans le cadre du projet de rénovation énergétique EEEF

Année construction     1968

Architecte                     Roger Bastin

Courant architectural   Brutalisme Belge

Ce bâtiment est remarquable par son absence de compromis dans la réalisation : le béton brut banché en planche de sapin est présent tant à l’intérieur de l’édifice qu’à l’extérieur. Malheureusement, suite à de nombreuses dégradations, des interventions lourdes ont été effectuées sur les façades. Plus problématique encore, une mise en peinture totale des parties externes du bâtiment à fait perdre irrémédiablement la brutalité de la texture et les traces de mise en œuvre aléatoire du béton, reprenant en cela la maxime célèbre de Le Corbusier à propos du Couvent de la Tourette dont ce bâtiment s’inspire clairement : ‘’Par ici, la main de l’homme est passée.’’

 

L’intervention a consisté à prendre appui sur la texture des coffrages en bois et à la proposer en tant que nouvelle texture, comme le miroir inversé de la texture du béton – son coffrage. Ainsi, une analogie se crée entre la texture initiale (toujours présente à l’intérieur du bâtiment) et le nouveau revêtement de façade.

 

Néanmoins, pour éviter la caricature, trois décisions ont été prises :

  • le bois utilisé sera du bois de réemploi : au-delà de l’opération de durabilité que représente la réutilisation d’anciennes planches, le réemploi offre une texture plus forte et mieux encore des imperfections liées au temps qui passe, réinjectant ainsi une esthétique globalement non maîtrisée par l’architecte, s’isncrivant dans la continuité de l’esprit du Sart Tilman ;

  •  le bois ne reprend pas les directions  de l’ancien coffrage : la matière est utilisée dans la configuration qui lui est la mieux appropriée, c’est-à-dire en position verticale. Seules des bandes d’afzelia reprennent les anciennes traces des niveaux de coffrage, mais servent également de bandes de calepinage pour le bardage ;

  • le bardage est ajouré : de loin, il est possible de comprendre la puissance volumétrique de l’édifice (rappel de l’existant). De près, l’ajourage du bardage signale clairement que l’observateur est devant un élément rapporté léger, trace de l’intervention contemporaine.

 

Cette attitude assez simple et logique renoue en quelques sorte avec le processus de production de l’édifice, lui-même brut et sans compromission. La ‘’chose’’ mise en place est la ‘’chose’’ telle qu’elle devait être, sans fard ni geste architectural.

Se faisant, l’édifice retrouve une ‘’nouvelle’’ valeur d’ancienneté (selon l’historien de l’art autrichien Aloïs Riegl) : âgé de 50 ans, l’Institut de Botanique possèdait une patine, la marque du temps qui passe. Le choix d’une matière de réemploi, elle-même patinée, ravinée, attaquée… permet d’éviter l’effet d’un lifting et de conserver au bâtiment la dignité de son âge.

 

Dans le cadre spécifique de ce projet, il est certain qu’une des plus grandes plus-values réside également dans le caractère vivant de la matière (ombrages multiples, lecture différente à grande et petite échelle, patinage progressif de la matière qui grisonne…) donnant à cet édifice austère un contraste bienvenu (comme à l’origine). La matière exprime ainsi les traces, les imperfections, la vieillesse, le temps qui passe… un caractère changeant et imparfait, très loin des stéréotypes clinquants des bâtiments contemporains. Cela donne à l’édifice son humanité profonde à laquelle chacun peut s’identifier.

 

Par ailleurs, l’édifice se place comme l’une des plus grandes opérations de réemploi (2600 m2) de Belgique, ce qui lui vaut d’être mis en évidence sur la plate-forme Opalis créée par l’asbl ROTOR pour la promotion du réemploi en Belgique.

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