Aborder la question de l’autonomie de l’architecture et son développement à partir de ses propres contraintes implique le dépassement de la représentation en architecture, dans l’art en général. Représenter, c’est définir un sens à une oeuvre, c’est la figer dans une image qui couvre les constituants véritables de l’objet : l’objet n’est plus vu pour ce qu’il est mais par ce qu’il figure ou représente ; il ne laisse aucun espace de liberté quant à son interprétation, ses éléments sont soumis à la dictature du signe, plutôt qu’à l’expression de l’architecture.

La thèse aborde donc la question de la non-représentation en architecture en s’appuyant sur les écrits d’Umberto Eco et de G. Deleuze et de leurs concepts d’ouverture et d’informalité. Ce texte montre comment l’oeuvre de P. Eisenman, L.I. Kahn, Le Corbusier, P. Zumthor et Mies van der Rohe développent une stratégie visant chacune à détacher l’architecture de toute forme de représentation et à se détacher  eux-mêmes de la production de leur objet pour l’ouvrir à la multiplicité, voire à l’instabilité.  

Cette approche préalablement philosophique des concepts est systématiquement évaluée à la lueur d’analyses architecturales poussées qui montrent comment les constituants de l’architecture - espace, forme, lumière, structure - sont exploités pour établir cette ouverture d’interprétations du projet. L’ensemble de la thèse s’inscrit parfaitement dans les développements contemporains tels que précisés en introduction. Elle permet également, par son approche particulière, de viser à une lecture singulière de l’histoire de l’architecture qui dépasse les styles historiques au profit d’une dimension plus généralement compositionnelle.

L’analyse diachronique, généralement utilisée dans les cours d’histoire, se voit remplacée par une analyse synchronique de l’architecture permettant de fournir une lecture opératoire de l’architecture intéressante pour l’enseignement.


 

FORMES et FORCES

DOCTORAT

2013

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